16/05/2010

LIEGE ARMURERIE

Au Japon , la fabrication de sabres est un art traditionnel . Certains  forgerons sont élevés au titre respecté de  « trésor national vivant » . Ce titre désigne un artiste qui par sa connaissance a atteint la maîtrise de son domaine d’activité  .  

 

Le savoir-faire des forgerons nippons est un héritage d’une activité séculaire qui  reste inégalée , et ne peut être reproduite par les techniques industrielles les plus modernes .

 

Les armes  de « maîtrise » possèdent des qualités  physiques et esthétiques  résultant d’un travail de l’acier  très rigoureux  et très technique . Mais avant d’arriver à la maîtrise , il faut d’abord être apprenti . Traditionnellement l’apprenti réside chez le maître et suit son enseignement , il apprend des techniques et plus important , comment on reconnaît la qualité et les conditions pour y accéder .

 

 

Il n’existe pas, même actuellement , d’Académie pour apprendre cet art . Toutefois pour forger des lames de plus de 15 cm au Japon , on doit disposer d’une licence donnée par le Ministère de l’éducation .

Il faut d’abord suivre un enseignement d’au moins 4 ans auprès d’un forgeron lui-même détenteur d’une licence et passer l’examen annuel des nouveaux forgerons .

 

A cet examen , il est demandé de réaliser un sabre à partir des matières premières brutes jusqu’à sa finition .

 

Un élément primordial de l’enseignement  est le lien  maître/élève qui permet le passage du savoir , la transmission d’un art complexe d’une génération à l’autre .

L’apprenti doit être comme une page blanche sur lequel le maître va  imprimer son expérience .

Apprendre , ne pas croire qu’on sait , le maître Zen dit à l’apprenti :

 "Comment puis je te servir du thé , si ta tasse est déjà pleine ? "

 

Si une activité à Liège peut être qualifiée de « trésor national vivant » ou de patrimoine immatériel ,  c’est bien l’armurerie.  

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Les ateliers Francotte ( fabriquant d'armes ) au Mont-Saint-Martin , le bâtiment est resté longtemps inoccupé , il vient d'être réhabilité et transformé en clinique esthétique .

L’activité armurière a connu son apogée au début du 19 ème siècle , on estime à cette époque qu’elle employait 14.000 personnes .

Sous l’ancien régime elle devait occuper vers 3.000 personnes , les armuriers étaient soit repris dans la corporation des charpentiers ou des fèvres .

Toutefois l’estimation est rendue difficile car les travailleurs situés en dehors de Liège n’étaient pas repris dans les registres .

Les armuriers à cette époque travaillaient en petites structures de type familial  de moins de 10 personnes .  

 

Lorsqu'on examine des listes d'armuriers repris dans les recensements des quartiers  liégeois ( 1689 , 1736 ... )  , on note la présence de femmes , célibataire ou veuves actives dans la profession en tant qu' armurier ,  marchande d'armes  , ouvrière en armes , faiseuse de garde de fusils ou des filles  ( apprentie polisseuse , ouvrière sous maitre )....

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Un très beau sgraffite , celui du fabricant d'armes Servart . 

Voir aussi au Quai Mativa , la maison N. Pieper ( 1908) , fabriquant d'armes dont les initiales sont mentionnées sur la façade , architecte Rogister .

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A Liège  , au 17 ème siècle et surtout au 18 ème siècle , les armuriers étaient répartis par spécialité par quartiers . On peut évaluer au 18 ème siècle , à Liège ,  une production de 200.000 à 300.000 armes par an . 

Toutes les types d’armes portatives ont été fabriquées au 18 ème siècle , les armes d’artillerie sont abandonnées , les munitions type boulets de canon seront encore fabriquées ; Liège va fabriquer des armes blanches , des armes à feu  militaires et civiles et des armes dites de traite ( armes destinées aux colonies , des qualité médiocre ) .

 

Le rayonnement de l’armurerie Liégeoise est tel qu’il essaima dans l’Europe , fondant d’autres manufactures .

En 1719 Barthélemy Malherbe Maitre forgeron à Nessonvaux part en Suède avec 13 ouvriers .

Les armuriers Liégeois partent à Paris , Saint Etienne , Charleville . Entre 1722 et 1725 , le roi de Prusse fait venir 170 maitres et compagnons armuriers avec femmes et enfants pour fonder les manufactures de Postdam et Spandau . Des Liégeois établissent des arsenaux pour les Autrichiens à Namur et à Malines . D’autres créent en 1759 en Gueldre , la manufacture de Culembourg .

 

C. Gaier , quatre siècles d’armurerie Liégeoise , Liège , 1976 .

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L'école d'armurerie de Liège , Léon Mignon . A deux pas de la Place Saint Lambert .

En 1897, l'école d'armurerie de Liège est fondée à l'initiative de l'Union des Fabricants d'Armes avec le concours du Gouvernement, de la Province et de la Ville de Liège.

(L'Union des Fabricants d'Armes donnera naissance plus tard à la Fabrique Nationale)

La création d'une école d'armurerie permettait aux patrons armuriers de disposer d'une main d'oeuvre qualifiée qui trouvait immédiatement un emploi au sortir de l'école à une époque où la FN employait des milliers d'ouvriers et de très nombreux ateliers sous-traitants travaillaient dans le secteur de l'armurerie.

Dénommée école d'armurerie à l'origine, elle se donnait pour but d'inculquer aux élèves les connaissances nécessaires pour devenir de bons armuriers. Progressivement, l'école décide de s'adjoindre des sections de fine mécanique (machine-outils, ajustage), d'arts appliqués (gravure, bijouterie) et d'horlogerie.

L'horlogerie a malheureusement disparu du programme des cours aujourd'hui.
C'est une perte de patrimoine culturel et immatériel irréparable.

La gravure quant à elle a été intégrée tout naturellement  au cursus puisqu'elle complétait, telle une oeuvre d'art , les armes de luxe.
La technique de la gravure au marteau et au burin est typique de l'école liégeoise.

La bijouterie permet aux étudiants de manier les métaux, précieux ou autres, et beaucoup complètent leur formation par la gravure.

La fine mécanique permet à l'école d'obtenir sur place l'outillage nécessaire à la fabrication des armes ou utile aux graveurs et bijoutiers.Cette section moins connue qui mérite très certainement le détour  car  forme des professionnels très qualifiés sur des machines puissantes qui façonnent les métaux .

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Une école renommée qui figure en bonne place sur le curriculum de graveurs et d'armuriers très réputés .

La diversité même de l'enseignement qui  est dispensé rend l'école unique en Europe , sa réputation dépasse nos frontières, puisqu’elle a accueilli et continue de compter de nombreux élèves Français, mais aussi Italiens, Canadiens, Sud-Africains, Japonais, etc.

L'excellence des formations dispensées par l'école liégeoise d'armurerie se traduit notamment par l' admission de trois de ses anciens élèves au rang prestigieux de Meilleur Ouvrier de France.

 

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Le grand Curtius abrite actuellement la collection du musée des armes .

Curtius ( 1551-1628 ) , munitionnaire , une autre référence au commerce des armes et munitions à Liège , fit construire ce Palais et sa résidence entre 1597 et 1605 .

Le musée d’armes de Liège a été créé en 1885 ,  il était situé jusqu’il y a peu dans l’hôtel de Hayme de Bomal   ( qui fait partie maintenant de l’ensemble du Grand Curtius ) . L’hôtel particulier ainsi que la collection d’armes avait été vendue à la Ville de Liège  à l'époque par son propriétaire , le fabriquant d’armes Pierre Joseph Lemille  , qui a versé le produit de la vente aux Hospices civils de Liège . 

Actuellement , les armes ont déménagé de quelques centaines de mètres  avec l’ouverture du GC  ,  la galerie des armes est située dans la résidence Curtius . 

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Les galeries d'armes du Grand Curtius  , des armes de toute provenance  et de toutes origines dont certaines de fabrication Liégeoise ( Louis Malherbe , Joseph Lemille , Albert Simonis , Auguste francotte , Pieper , Rongé Frères , J. Renkin , M. Lejeune , Michel J. Chaumont , Charles Haaken-Plomdeur , Dewalle Frères ...) 

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Les collections d'armes du Grand Curtius  

Créé à Liège en 1672 , le banc d’épreuves  des armes à feu est le lieu où toutes les armes à feu doivent être éprouvées avant  leur vente  en Belgique afin de s’assurer de leur sécurité de fonctionnement . D’abord affermée à un particulier  jusqu’en 1847 , la gestion du banc fut confiée à des fonctionnaires de  l’ Etat . Avant 1907 , le banc d’épreuve était situé dans le quartier Saint Léonard , proche du domicile des garnisseurs de canons .

Actuellement , il est situé rue Fond des Tawes , il s’occupe de l’épreuve de toutes les armes portatives , la neutralisation des armes , l’homologation et contrôle des munitions ,  possède un laboratoire balistique pour tests de résistance sur verre , céramique , textile , composite , il s’occupe aussi de l’homologation des armes d’alarme .

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Lebeau-Courally ( photo armurerie Jeannot )

L'activité armurière de Liège  , un savoir-faire ancien , notre patrimoine immatériel , 

Voici l' un de nos "Trésors nationaux vivants" : Lebeau-Courally  .

En 1865 , Auguste lebeau ouvre sa manufacture d'armes de chasse de luxe . Peu avant sa mort , Il s'associe à Fernand Courally en 1898 qui lui succédera .

En 1902 la firme se nomme Webley-Lebeau-Courally , en 1912 , Fernand Courally se retire , la firme s'appelle alors la SA. continentale Auguste Lebeau-Courally , sous la direction de l'anglais Ph. Reeves . En 1956 , la Société est reprise par Joseph Verrees ( fabriquant déjà sur la place de liège ) ,  en 1982 , au décès de Joseph Verrees , l'activité est reprise par sa nièce Anne-Marie Moermans-Ramakers  , continuant l'activité prestigieuse des armes de luxe  et relevant  la tradition de l'activité armurière liégeoise . 

Les Lebeau-Courally toujours fabriquées à Liège et  font partie des armes de chasse  les plus prestigieuses au monde .

En regardant sur internet , vous trouverez des Lebeau-Courally  en vente  , par exemple :  le modèle Nemrod  : 78.000 € , Colorado : 53.900 €  ( armurerie Jeannot  ) .

http://lebeau-courally.com.apache03.hostbasket.com/index.php?page=francais

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Lebeau-Courally ( photo armurerie Jeannot )

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Sources :

Le musée d'armes , études et recherches sur les armes anciennes , bulletin périodique de l'ASBL "les amis du Musée d'armes à Liège" , éditeur responsable Cl. Gaier

Le Siècle des Lumières dans la Principauté de Liège , Musée d'art Wallon , catalogue de l'exposition , 1980

Vers la modernité , le XIX ème siècle au Pays de Liège , catalogue de l'exposition , 2001 .

http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?lg=FR&topic=lht&cp=JP

 

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Prochain Post le dimanche  23 mai  2010 .

 

 

 

02/05/2010

LIEGE François-Charles de VELBRÜCK

 

Il est des sujets hautement symboliques , et en soi difficile à traiter .

Bien souvent en passant place du XX août , sortant du bâtiment de l’Université , j’ai regardé  l’Emulation et pensé : il faut que j’en parle .

Mais , il y a peu à dire ou beaucoup … selon l’angle abordé , l’Emulation nous fait entrer dans le domaine foisonnant des idées , dans le 18 ème siècle , le Siècle des Lumières .

Derrière tout cela , une personnalité , celle de François-Charles de Velbrück , Prince-évêque .

Un personnage fascinant , progressiste , en accord avec son temps .

Qu’ a-t-il laissé comme témoignage en ville ?

Un petit voyage au pays des Lumières .

 

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François-Charles de Velbrück  est né en 1719 au château de Garath  ( Dusseldorf ) , il décède en 1784 au château de Hex  ( Tongres ) .

Il est élu  Prince-évêque en 1772 .  

Protecteur des philosophes , amis des arts et des lettres , il s’employa à propager les Lumières et pris une part importante au développement intellectuel et artistique de la principauté .

Velbrück préoccupé du bien-être de ses sujets ,  (il fut d'ailleurs très populaire)  pris de nombreuses initiatives sociales , il lutta contre le vagabondage et la mendicité , s’attaqua au chômage . Il contribua à la mise en oeuvre de travaux publics dans la Cité . Velbruck encouragea le développement  des industries et des manufactures locales .

Il créa l’Académie de peinture , de sculpture et de gravure , fonda une école gratuite de dessin pour les arts mécaniques , un cours gratuit de mathématique , une école gratuite sur l’art de l’accoucheur .

Tolérant il laisse circuler le Journal Encyclopédique et l’Esprit des Journaux .

Fervent défenseur des principes de liberté , égalité , fraternité  , Velbruck se lia d'amitié avec Voltaire , il possédait aussi un portrait de Jean-Jacques Rousseau .

 En 1779 , il institua La société d’Emulation , véritable cercle de pensée et de libre discussion

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 L'émulation 

 

 La Société à sa création comprend trois catégories de membres :Les associés résidants ( abbés , chanoines , dignitaires civils , avocats , médecins , pharmaciens , bourgmestres ( honoraires ou en fonction ) , rentiers , propriétaires …) ; Les associés honoraires ( des personnalités hors de la Cité issues  des domaines politique , scientifique et des arts ) ; les associés correspondants .  

 

La Société organise de nombreuses activités ,  des joutes poétiques , des concerts  , des expositions de peintures , sculptures et gravures ,   sans oublier  , toutefois , les domaines nouveaux des techniques et des sciences .

L'émulation possédait une bibliothèque , Velbruck fit don à celle-ci d'un exemplaire de "L'Encyclopédie" de Diderot et d'Alembert .

La Société pris rapidement beaucoup d'extension en raison de la personnalité des hommes d'action qui s'y réunissaient sous la présidence de Velbruck .

  

( (4) Freddy Lamarche – Historique de la Société Libre d’Emulation  , Brève histoire de 200 ans et quelques )

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L'Emulation dans son état actuel , "placardée" de partout , une honte . Son aménagement est prévu pour accueillir le Théatre de la Place , toutefois les travaux tardent . Nous attendons tous que l'Emulation retrouve son lustre d'avant .

 Lors de l'occupation de Liège par l'ennemi ,  le soir du 20 août 1914 , des soldats ivres boutèrent le feu à de nombreuses maisons de la place de l'Université. Cet incendie accompagnés de fusillades, causa la mort de vingt-huit personnes, toutes civiles.  (origine du nom de la place du  XX août )

 L'Emulation brûla de fond en comble, avec perte totale de la bibliothèque, des archives et des collections , absolument tout disparut , y compris le buste en marbre de Velbruck, sculpté par Evrard, en place depuis 1779 et les orgues, installées en 1880.

 Dès 1918 , Emile Digneffe ( qui décédera en 1937) travaille à la renaissance de l’Emulation avec d’autres membres du Comité de reconstruction ,  il faut toutefois attendre 1939 pour assister à  l’inauguration du nouveau bâtiment en présence du Baron de Launoit , président du Conseil de l’émulation et du Bourgmestre Xavier Neujean .

( (4) Freddy Lamarche – Historique de la Société Libre d’Emulation  , Brève histoire de 200 ans et quelques )

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La Société Littéraire

En 1779  , La Société Littéraire est un centre animé où se réunissent les hauts dignitaires de la Ville et du Clergé . C'est surtout un lieu de sociabilité , l'équivalent des "Salons littéraires" Parisiens . On peut y rencontrer de beaux esprits , s'adonner à la conversation , à la lecture , par exemple ,  des journaux de l'époque .

La Société Littéraire a été fondée par Velbruck , d'abord située en Haute Sauvenière , ensuite inaugurée à son emplacement actuel en 1787 ( 3 années après le décès de Velbruck ) .

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Le cloitre de la cathédrale Saint Paul et le mausolée du Prince-évêque Velbruck  

Au décès de velbruck , un  mausolée lui est consacré dans la cathédrale Saint Lambert .

 

Lors de la destruction de la cathédrale saint Lambert  par les révolutionnaires , le monument a  été rendu au Comte d’Ansembourg , et le cercueil de Velbruck a été rendu à un de ses fils , Charles de Graillet , et a été déposé dans son hôtel particulier . A la mort de son fils (1799)  commence un long périple des restes du Prince-évêque  qui heureusement se termine dans les années 30 . Il rentre comme on pourrait le dire « à la maison » , pris en charge par ses descendants , sa dépouille regagne  Hex et repose dans la crypte de la famille d’Ansembourg .

Le mausolée a été replacé dans le cloître de la Cathédrale Saint Paul .

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Velbrück était discret sur son lien à la Franc-Maçonnerie ,cependant ,  on peut percevoir au travers du bilan de son règne une illustration des idéaux Francs-Maçons comme la tolérance , l’ouverture d’esprit  …

Les témoignages qui  font état de son appartenance sont indirects , comme des courriers de l’époque de tiers se rapportant à des prises de position ou des interventions du Prince-évêque .

( lire dans : Illustres et Francs-Maçons (2) , pages 15-22 , le texte de José Orval à ce sujet )

( lire dans : Le siècle des Lumières dans la Principauté de Liège (1)  pages 117 et 118 )  

 Dans son entourage familial on notera que depuis 1773 , le neveu de Velbruck , Joseph –Romain d’Ansembourg faisait partie de la Parfaite Intelligence . Les deux fils de Velbrück : Charles-François de Graillet , né en 1762 et François-Charles  , né en 1773 ,  étaient aussi francs-maçons  ainsi que son beau-frère Charles-François Horion .  (3)

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 Les jardins du chateau d'Hex

Le chateau de Hex ainsi que les terres et fermes s'y rattachant étaient  la propriété personnelle de Velbruck . Il  avait déjà en sa possession ce que l'on appelle  "un quartier de Maitre"  à Hex . Il va l' agrandir par l'achat d'une ferme , d'une grange , d'un paturage , d'écuries , il est à cette époque , en 1769  , trésorier à Liège . La destination première de la propriété semble être un pavillon de chasse .

Velbruck continua au fil du temps , par achat ou échange à se constituer un domaine , son oeuvre sera poursuivie avec talent par ses descendants (Ansembourg et Ursel ) .

Velbruck séjournait à Hex au printemps et à l'automne ,  en hiver  , il résidait au palais de Princes-évêques de liège , il passait l'été dans la résidence officielle de campagne des Princes-évêques au Château de Seraing .

Velbruck était  amateur de plantes et de jardins , il enrichit les collections de plantes exotiques du Château de Seraing  , fit venir des graines et plantes du monde entier , envoya des jardiniers en stage à l'étranger pour les former .

A sa mort le domaine sera légué au fils de sa soeur  , Joseph-Romain  de Marchant comte d'Ansembourg , qui en tant que légataire universel , va hériter de la bibliothèque , des oeuvres d'art , du cabinet de curiosité .

La propriété actuelle est le fruit d'un long travail sur plusieurs générations , ( jardins à la française , jardins anglais  , roseraie , potager , verger ,  fruitiers palissés )

Il faut aller voir les jardins autour du château en juin ( journées des plantes ), lorsque les rosiers sont en pleine splendeur .

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Références :

(1) Le siècle des Lumières dans la Principauté de Liège , Musée d’art wallon , catalogue de l’exposition , éditeur Massoz , 1980 .

(2) Illustres et Francs-Maçons , Coordonné par Luc Nefontaine , collection La Noria , Editions Labor , 2004.

(3) Hex , genèse d’un jardin princier , Chris De Maegd , Urselia et Fonds Mercator , 2007

(4) Historique de la Société Libre d’Emulation  , Brève histoire de 200 ans et quelques - Freddy Lamarche  ) http://www2.ulg.ac.be/slemul/historique/220_ans.html

( Le site de web de l'Emulation est hébergé par l'Université de Liège )

 

Prochain Post dimanche 9 mai 2010 .

25/04/2010

LIEGE PRINTEMPS

Liège est en fleurs .

C'est l'heure du bilan au jardin . Il fait très beau ce week-end , tout va aller très vite. La pivoine arbustive pousse un bouton , c'est sa première année , je vais pouvoir vérifier sa couleur .

Les pommiers pointent leurs bourgeons ( court pendu (3) , reine des reinettes , reinette de France , Radoux , reinette de Chênée ) . L'année dernière , bilan mitigé , une seule pomme arrivée à maturité sur "reinette de Chênée" .

Le rosier grimpant Albertine , très en forme , semble bien parti pour une ascension de la façade arrière de la maison . 

Et dans ce jardin de poche , il y a un jeune ginkgo biloba ( mon préféré ) , zen au milieu de la minuscule parcelle , Ginkgo qui avec beaucoup d'entêtement penche déjà vers le voisin .

Dans la ville , partout des arbres en fleurs , j'ai traversé le Jardin Botanique sur le temps de midi , les magnolias sont de toute beauté .

Je me rappelle l'anecdote d'une consoeur qui parlait de Brugmann , un hôpital de structure pavillonnaire avec de nombreux espaces de verdure , comme l'était notre Bavière . Son patron lui avait dit à ses débuts , " tu vois ici , tu veux engueuler quelqu'un , pour te rendre dans son Service ,  tu traverses les jardins , arrivée à destination ,  tu as oublié pourquoi tu venais " .   

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 Les serres du Jardin Botanique

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Le jardin botanique , des tableaux impressionnistes . Les géants et à côté , des tout petits ...  la relève .

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Le Service d'entretien sur la brèche , le grand nettoyage de printemps autour de la pièce d'eau .

 

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Les quartiers militaires de Saint Laurent . Chaque année je regarde cette fenêtre et son lierre environnant en début de saison . Les traditions sont respectées : une coupe militaire au cordeau .

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Prochain Post le dimanche 2 mai 2010  

 

18/04/2010

LIEGE LA VIOLETTE

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La place du marché est à deux pas de la place Saint Lambert .

C'est une place ,  ombragée de tilleuls , très agréable aux beaux jours . Elle est  bordée de maisons Liégeoises typiques vouées au commerce , principalement des cafés ou des restaurants .

Lui faisant face , l' hôtel de ville , qui répond au doux nom de "La Violette" .

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La Violette côté place du marché .

architectes : d'auberat , Frère Colomban , Sarto ; ferronnier : Tilman ; peintres : Dumoulin , Riga , smitsen .

Sur le fronton , les armes de Joseph -Clément de Bavière.

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L'hôtel de Ville doit son nom à l'enseigne de la maison qui abrita le Conseil de la Cité au  XIII ème et XIV ème siècle . Rebatie au début du XV ème siècle , elle fut incendiée en 1498 par Charles le Téméraire . Le bâtiment reconstruit en 1498 a été ensuite démoli en 1691 lors de l'assaut des troupes Françaises de Louis XIV . L'actuel hôtel de Ville a été construit de 1714 à 1718 .

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La porte d'entrée , des faisceaux de licteurs

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La salle des pas perdus . Au dessus des portes dans des coquilles , des bustes de femmes symbolisant les vertus .

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Dans la salle des pas perdus , un hommage  : A Frère-Orban , la Belgique reconnaissante , 1860 .

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Le commissariat de police de la Violette est situé au rez de chaussée de l'hôtel de Ville . C'est à ce commissariat que Simenon dans sa jeunesse venait chaque matin collecter des informations pour écrire sa rubrique à la Gazette de Liège .

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Sur la façade comme à l'intérieur de multiples plaques commémoratives de faits  d'armes ou de résistance , de policiers ,  de pompiers , de personnel administratif communal , de militaires .

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Des fenêtres de l'Hôtel de Ville  , on voit la rue Léopold . En passant là , je pense à ces jeunes couples disparus ensemble dans l'explosion .

 

Prochain Post dimanche 25 avril 2010

 

 

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11/04/2010

LIEGE RUE NAIMETTE

Quelques jours de vacances .

Il faisait beau , j'ai fait un grande marche au travers de la Ville , mardi le plus beau jour de la semaine , tout  Liège était en terrasse  .

A quand des transats en location dans les parcs , le temps de prendre l'air sur le temps de midi  ?  ( service réveil compris )

C'est un bonheur de voir le printemps s'installer à Liège , les forsythias et les magnolias sont en fleurs .

Je suis allée jusqu'à la rue Naimette , une rue pas loin du centre , la campagne en ville .

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La rue Naimette à son début ( croisement avec la rue Xhovémont ) , la rue se situe en partant de la place Saint Lambert  , un peu plus haut que la rue Hocheporte sur sa partie droite . On peut aller faire ses courses à pied au centre .

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Les maisons se dévoilent en partie , on devine tout au long de la montée de la rue de belles propriétés anciennes .

Certaines maisons de la rue Naimette datent en partie du 17 ème siècle , d'autres du 18ème . 

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Du lierre partout et des bruissements joyeux d'oiseaux .

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De grands jardins mystérieux qui donnent sur une rue tranquille . Pour les grandes tablées conviviales en été .

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Derrière les grilles , un ancien hôtel de maitre ( 2 ème moitié du 18 ème siècle et 20 ème siècle )  .

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Une ancienne ferme datant de la 1 ère moitié du 18 ème siècle .

La rue Naimette dont l'origine est inconnue , est citée dès le 13 ème siècle , elle faisait référence à un ancien propriétaire .

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Au palais Provincial , à côté de la place Saint Lambert , les magnolias  s' entrouvrent lentement .

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Des pétales de papier de soie , fragiles et tendres comme un baiser au printemps .

 

 

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Prochain Post le dimanche 18 avril 2010  .

 

04/04/2010

LIEGE RUE DES REMPARTS

La rue des Remparts est située à proximité de la rue Sainte Marguerite , et de la rue Saint Severin  d’un côté  , de l’autre , elle voisine la rue Hocheporte et  la rue de l’académie , on y accède des deux côtés par des escaliers .

De ces escaliers Liégeois faits de deux ou trois rangées de pavés de grès , maintenus par une bordure de pierre calcaire , de ces marches qui  s’adoucissent en paliers .

 

C'est un endroit  confidentiel  , bourré de charme .

 

Il y a de ces lieux à Liège , merveilleux , si proches du centre ville et  pourtant incroyablement calmes , comme retirés de l’agitation .  

Il n’est pas étonnant que cet endroit  ait été une terre d’élection d’ artistes et  d’ ateliers d’artistes .

 

La proximité du ciel  , sans doute  .

 

Si vous passez dans le coin ,  faites un détour  , succombez à cette fascination que dégage les lieux , adoptez une de ces maisons et installez à votre tour un atelier .

 

Toutes ces maisons attendent simplement qu’on les réveille , qu'on les aime .

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La rue des remparts est a deux pas de la rue Sainte Marguerite .

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 Une rue toute en escaliers , calme , champêtre .

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Sander Pierron ( écrivain , journaliste, critique d'art ) se rendait  à Liège durant les années de guerre (14-18) tous les 15 jours donner des cours à l'Académie des Beaux arts . Il partait de Bruxelles le vendredi et rentrait le dimanche au crépuscule . Au début les trajets entre les deux villes duraient 8 à 10 heures , il était reçu et logé par des amis liégeois . Il fit la connaissance du peintre Ernest Marneffe dans le cabinet du Recteur de l'Académie , le graveur François Maréchal . Il sympathisa avec Marneffe , ce fut le début d'une amitié . 

Sander Pierron organisera une exposition à Bruxelles des oeuvres de Marneffe en 1920 , exposition qui remportera un franc succès , malheureusement Ernest  Marneffe devait décéder peu de temps après . 

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 Sander Pierron raconte à propos de l'atelier du peintre Marneffe , rue des Remparts :

( …) Le lendemain matin , j’allai à son atelier , au sommet de cette rue des Remparts d’où l’on découvre tout le panorama de la ville de Liège et où naguère j’étais venu dans un autre atelier , disputer parfois avec le bon statutaire Joseph Rulot . Si j’ai appris à apprécier Liège , à aimer Liège , c’est en communiant avec l’âme artiste de quelques Liégeois , et chacune des fortes impressions partagées avec ceux –ci a élargi ma curiosité , mon attention et mon penchant pour une vieille cité qui a l’origine parlait peu à mon cœur et à mon esprit . Les causeries , là-haut , entre ciel et terre , dans la petite maison du peintre , devinrent une des meilleures joie de mes séjours . A travers des confidences , en examinant des dessins , des études et des tableaux commentés par l’artiste je suivis l’existence de mon camarade et put marquer les étapes d’une existence déjà longue toute consacrée à la poursuite d’un idéal dont la beauté toujours renaissante entretient en lui l’ardeur d’une jeunesse inépuisable . (…) 

Dans Sander Pierron , Un peintre de la femme : Ernest Marneff , Edition du Pays Belge , Bruxelles , 1920

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Copie de P1040306

 La maison du peintre Ernest Marneffe  , sur le dessus de la maison on aperçoit une verrière , probablement  l'atelier .

Voir  les archives ,  le Post " Liège-sensuel " du  23-11-2008

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Copie de P1040308

Les escaliers du côté de la rue hocheporte  , au loin la basilique Saint Martin

Bibliographie : 

Sander Pierron , Un peintre de la femme : Ernest Marneff ,  Edition du Pays Belge , Bruxelles , 1920

 Jacques Parisse , Ernest Marneffe , 1866-1920 , peintre de la femme , Mardaga  , 2001 .

Copie de P1040340

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Ce dimanche , j'ai contourné le parc du Cinquantenaire , car en raison de multiples travaux l'avenue de Tervuren n'était pas accessible  jusqu'au bout . En rejoignant l'avenue de Cortenberghe , juste derrière la mosquée , j'ai entrevu la silhouette d'un bâtiment cubique qu'il m'a semblé reconnaître .( en fait , je ne l'avais vu qu'en photo ) 

C'était le pavillon " des passions humaines" de Jef Lambeaux .

Voir le Post du 23-11-2008 , "Liège sensuel ".

Copie de P1040339

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J'avais lu fin 2008  que sa restauration était programmée , mais en le voyant ce jour , on constate que s' il y a rénovation , elle n'est guère avancée , car il est dans un état désastreux .

Le pavillon a été conçu par Victor Horta , il abrite une oeuvre de Jef Lambeaux , qui illustre à merveille la violence des passions humaines . Une oeuvre qui dans un premier temps devait être exposée au regard du passant . 

Cette oeuvre a connu une mise à l'écart qui ne semble pas près de s'achever .

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Copie de P1040342

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Cette porte et son cadenas illustrent la destinée malheureuse d'oeuvres que les sots qualifient de "maudites" .

L'oeuvre de Jef Lambeaux était très forte pour son époque , et le reste encore actuellement . 

Je suis pessimiste quant à l'évolution des mentalités . Tous les jours dans la vie quotidienne on peut se rendre compte que la libération des corps et des esprits n'est plus d'actualité , une oeuvre comme celle de Jef Lambeaux doit révulser certains . 

Pourtant , pour l'art et son expression  , il y a des combats à mener . Au nom de la passion . 

 

 

 

 Prochain Post le dimanche 11 avril 2010 en soirée

27/03/2010

LIEGE HOTEL DE SELYS

La rénovation de l'hôtel de Sélys-Longchamps au Mont-saint-martin progresse .

La rue de la Montagne qui jouxte l'hôtel est en chantier .

Le charme particulier de cette rue va t-il survivre avec les travaux entrepris .

Ses marches toutes usées , bleuies par d' incessants passages faisaient partie de notre quotidien . Combien de générations ont arrondis leurs angles ? 

Va t-on conserver les anciennes marches et les replacer ? Ou nous remettre quelque chose de raide aux arêtes vives .

Parce que nos escaliers ( même usés )  , c'est aussi notre patrimoine , je marche dans les pas de ceux qui nous ont précédés .

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L' Hôtel de Sélys  au Mont saint Martin

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Le porche vient d'être réinstallé . Pendant très longtemps , il n'en restait plus qu'un pilier .

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Les transformations de l'hôtel des Comtes de Méan , à côté , progressent aussi . Ici l'installation de nouveaux chassis . Ceux-ci sont dans le même esprit que les anciens chassis , par contre ils sont en aluminium .

Voir Post du 04-05-2008 et 25-05-2008 .

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P1040212

La rue de la montagne . Cette superbe rue , toute en escaliers , est en chantier . On voit ici la dépose totale de ses marches en pierres bleues .

  

Me revoici avec le printemps .

La tête pleine de projets . Les yeux brillants de curiosité .

Comprendre , apprendre , c'est l'occupation de toute une vie .

 J'espère que cette année sera bonne .

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Prochain Post dimanche le 4 avril 2010