23/11/2008

LIEGE SENSUEL


Liège sensuel

Il fût une époque où les hommes s'enflammaient à la vue d'une cheville ,

où les courbes féminines voluptueuses étaient appréciées ,

où une femme bien née ne devait figurer que deux fois dans le journal , lors de ses fiançailles , et à l'annonce de son décès ,

l'époque où les sentiments étaient empreints de pudeur et de respect ,

c'était aussi l'époque des grandes polémiques entre l'art et la bienséance .

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La chaire de vérité de la cathédrale saint Paul  réalisée par Guillaume Geefs , symbolise le triomphe de la religion  ,face au public , des sculptures en marbre blanc représentant la Religion , Saint Pierre , Saint Paul , Saint Lambert , Saint Hubert .  

A l’arrière , la représentation de Lucifer , le génie du mal .

A l’origine une sculpture de Joseph Geefs ( frère de Guillaume )  est installée en 1843.Elle est refusée par le conseil de fabrique de la cathédrale car est jugée trop belle , «  ce diable est trop sublime » , il risque de distraire les paroissiennes , rapporte t-on dans les journaux de l’époque .

Guillaume Geefs réalisera  à la place de son frère, le Lucifer actuel , représenté sous les trait d’une jeune homme , vêtu d’une d’une simple draperie  pourvu d’ailes de chauve souris , enchainé à un rocher  … la beauté du diable .

 

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Le dompteur de taureau de Léon Mignon  ( 1881 )

La sculpture avant même d’être installée est l’objet  d’une polémique lancée par le quotidien catholique , ‘la gazette de Liège ‘,  le sujet de discorde concerne la nudité du dompteur . La gazette s'indigne de ce spectacle , dit-elle , d'un réalisme révoltant .

La sculpture est installée aux Terrasses le 28 juin 1881   ,  à la stupeur générale , le dompteur apparaît doté d’une feuille de vigne en plomb .

La feuille de vigne ne restera en place que quelques jours . 

Le taureau devint un sujet de conversation populaire et  un lieu de promenade très couru . Il se disait partout que le taureau montrait en grand ce que Mannekenpis  montrait en tout petit à Bruxelles . Pendant la guerre 40-45 , le taureau fut  caché à l’Académie  et sauvé de la fonte . A sa réinstallation aux Terrasses après la guerre , le taureau devint l’emblème des étudiants , qui fêtent chaque année la Saint Torè , et vont en cortège peinturlurer les attributs du taureau (qui en a vu de toutes les couleurs ).

 

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"Le Faune mordu " de Jef  Lambeaux  ( 1905 )

L’œuvre est déjà connue , avant d’être exposée à Liège , elle a été montrée à Bruxelles , Paris et Saint Louis , sans que cela ne soulève de protestations .

Cependant  à Liège , la gazette de Liège , part au combat , en 1905 , contre les nudités sculptées ou peintes que pourraient voir les millions de spectateurs qui se rendront à l’Exposition Universelle .

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Sous prétexte d’atteinte à la décence , le 8 mai 1905 , la statue de Jef Lambeaux  est dissimulée sous une bâche  et descendue de son socle , elle est entreposée dans une caisse . Une polémique s’engage .

Jef Lambeaux sera affecté par cette mise à l’écart de l’œuvre .Par la suite , en signe de réparation à l’outrage fait à l’artiste et à son œuvre , la  ville de Liège achetera le "Faune mordu" , il est exposé depuis  les années '50 dans le parc de la Boverie .

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( Voir aussi "Passions humaines "de Jef Lambeaux ( 1889), abrité dans un pavillon conçu par Victor Horta et situé dans le parc du cinquantenaire à Bruxelles , oeuvre tournant autour du bonheur et des péchés de l'humanité dominés par la mort .)  

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Ernest Marneffe ( 1866 - 1920 )

Une grosse partie de l'oeuvre d'Ernest Marneffe est consacrée à la représentation de la femme . En plus de qualités indéniables de plasticien et de coloriste , Marneffe sort des sentiers battus avec une représentation toute personnelle de la sensualité féminine à une époque encore étouffée par le carcan de la société .

La femme peinte par Marneffe n'est pas neutre ou indifférente , elle interpelle le spectateur , et cet échange de regard est troublant ( trop pour certains qui l'ont qualifié de peintre maudit .)

Pourtant , rien de sulfureux , seulement la femme , sa beauté , son mystère ...

La façon dont nous abordons la nudité dans l'art en dit parfois beaucoup plus sur nous que sur l'oeuvre elle-même .

 

 

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                    Prochain Post le dimanche 30 novembre , en soirée  

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